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Cheikh Ahmed Al-Tayeb, le grand imam de l’Université Al-Azhar « La polygamie, une injustice envers les femmes »

Le grand imam de l’Université Egyptienne, Al-AZHAR, vient de faire une déclaration qui risque de faire débat dans la communauté musulmane. Le Cheikh Ahmed Al-Tayeb a en effet donné sa lecture et interprétation sur un sujet de haute importance pour le monde musulman, le mariage et particulièrement la polygamie. S’exprimant dans une vidéo sur le réseaux social Twitter, l’imam de cette prestigieuse université d’enseignement de l’Islam avance « la polygamie peut être une injustice envers les femmes ».

Vives réactions

Cette déclaration a suscité des vives réactions, notamment sur les réseaux sociaux. On peut en effet percevoir en cette sortie un glissement de la doctrine d’Al- Azhar vers le nouveau féminisme militant. D’ailleurs face à la polémique suscitée l’université s’est vue contrainte de faire une clarification. Elle a rappelé que le Cheikh n’appelle pas à l’interdiction de la polygamie mais évoque les conditions strictes qu’impose le coran sur le sujet.

L’équité !

En effet dans la suite de sa déclaration l’imam affirme « Ceux qui disent que le mariage doit être polygame ont tous tort, dit-il. Le Coran stipule que pour qu’un musulman ait plusieurs épouses, il doit obéir aux conditions d’équité » ». Il évoque en l’occurrence les strictes conditions assorties à la polygamie et notamment l’équité que doit avoir le mari envers toutes ses épouses.

Cette sortie de l’une des voix majeures de l’enseignement et l’interprétation de l’Islam marque un tournant sur la pratique de la polygamie, très ancrée dans la vie des musulmans. C’est un sujet qui nécessite et mérite débat raisonné et apaisé pour éclairer la communauté.

La pratique de la polygamie aujourd’hui interroge également sur le droit et le respect de la condition de la femme. Elle pose aussi la question de l’évolution et de l’explosion démographique dans les pays musulmans. Le débat devra porter, au-delà de l’équité, sur le comment assurer une vie et une éducation harmonieuses aux nombreux enfants issus des couples polygames dans un contexte économique de plus en plus précaire. Rappelons cependant que la polygamie n’est pas une obligation et que tous les musulmans ne sont pas polygamie. En Tunisie par exemple la polygamie est « officiellement interdite » depuis l’indépendance.

Polygamie de fait !

Rappelons par ailleurs que l’interdiction de la polygamie dans le monde dit « occidental » n’empêche nullement la pratique de la « polygamie de fait ». En effet, plusieurs hommes mènent en toute discrétion une double vie. Ce qui pose d’ailleurs la problématique de la reconnaissance des enfants adultérins et de leurs droits notamment en termes d’héritage. Les lois occidentales interdisent le mariage officiel civil et religieux avec plusieurs femmes. Mais au nom de la liberté individuelle aucune interdiction n’est faite à toute personne d’avoir la vie privée (comme on le dit pudiquement) qu’elle souhaite.

La Rédaction

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