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Condamnation d’Ibrahima Sory Camara. Un motif d’espoir !

Le militant de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), Ibrahima Sory Camara a été condamné par la justice guinéenne à dix-huit mois de prison ferme. Jugé par le tribunal de première instance de Mafanco, Monsieur Camara n’a manifestement pas suscité ni la compassion ni bénéficié la clémence des juges. En l’occurrence il a écopé une très lourde peine. Dix-huit mois de privation de liberté et de surcroit dans les prisons guinéennes représentent une punition lourde de conséquence.

Le militant de l’UFDG était poursuivi pour injure, outrage et diffamation à l’égard du président de la République Monsieur Alpha Condé. Dans une vidéo mise en ligne sur Facebook Monsieur CAMARA avait suggéré l’implication directe de la présidence de la République dans l’incendie qui a ravagé récemment le marché de Madina, le plus grand de la capitale Conakry. Il avait laissé entendre qu’une réunion a eu lieu sous les hospices du chef de l’Etat et qui aurait eu pour ordre de jour la planification et l’exécution de l’incendie de ce marché. Il a été interpellé et incarcéré le 22 mars dernier après la découverte de cette vidéo sur le réseau social.

C’est donc avec la plus grande célérité que la justice guinéenne, réputée pour sa nonchalance, a diligenté, instruit et jugé cette affaire. Puisque le verdict est tombé ce lundi 9 avril. Il faut se réjouir de cette célérité. Elle atteste à l’évidence une capacité opérationnelle jusque là insoupçonnée. La lenteur de cette justice commençait à être préoccupante. De même le manque de volonté par rapport à certains dossiers commençait à susciter l’étonnement. On se rappelle que plusieurs plaintes déposées notamment par des opposants n’ont pas été jugées recevables. Il faut espérer que ces plaintes n’avaient pas été formulées et déposées dans le respect des procédures et des normes légales.

En tout cas l’efficacité et la rapidité qui ont présidé à la condamnation de ce militant de l’opposition montre que notre justice est fonctionnelle et opérationnelle et qu’elle peut agir. C’est un motif de satisfaction dans une affaire triste qu’est la lourde condamnation d’un opposant politique. Maintenant il faut que cet élan puisse se perpétuer dans toutes les autres affaires. Si la justice veut garder son honneur et susciter l’espérance, elle ne doit pas laisser se répandre dans l’opinion l’idée d’une action sélective. Ce sentiment fera croire qu’il y a les bons et les mauvais justiciables selon le tropisme politique, les moyens et les relations.

Maintenant qu’elle s’est réveillée, la justice doit rester en veille et agir seulement selon le droit, l’appréciation de l’infraction, du délit ou du crime commis et la volonté de protéger les citoyens. La justice et les juges Guinéens s’engagent dans une nouvelle dimension. Celle de sanctionner le droit. Le peuple se rassure et espère.

Il faut signaler que juste après l’annonce du verdict, l’opposition a crié au procès politique et dénoncé une justice aux ordres, inféodée au pouvoir. Elle a également dénoncé la sélectivité dans l’action des juges. Certains citoyens aussi s’indignent et dénoncent cette action sélective. C’est le cas de Monsieur Bouna Condé, animateur de la plateforme DSP sur Facebook et qui n’est pas connu pour être un opposant fanatique et radicalisé. Il dénonce la sévérité de la peine et rappelle que l’extrémisme n’est pas l’apanage de l’opposition « Ce que je pense de la condamnation du propagandiste de l’UFDG à 18 mois de prison ferme : je trouve la peine sévère bien que justifiée. Par contre, je dénonce le deux poids deux mesures. Ibrahima Sory Camara est certes un pyromane, mais il y en a de l’autre côté aussi. Ils doivent répondre de leurs responsabilités devant les tribunaux »

Les avocats de Monsieur Camara quant à eux projettent d’interjeter appel.

La Rédaction

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