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COVID-19 : Le confinement et la problématique de la survie du jour au jour !

COVID-19 : Guinée et la problématique du confinement dans une économie informelle

Le COVID-19, l’infection virale à Coronavirus, qui sévit dans le monde depuis décembre 2019, ne cesse de se propager. La maladie apparue à Wuhan en chine a depuis affecté tous les continents. L’épidémie a été requalifiée par l’organisation mondiale de la santé (OMS) en pandémie mondiale. La contagiosité et la létalité de ce virus à l’origine de ce fléau sanitaire mondiale sont massives. On dénombre déjà des dizaines de milliers de morts de par le monde. Pour faire face à la propagation rapide du Coronavirus, des mesures de santé publique ont été décidées par les pouvoirs publics et imposées aux populations dans plusieurs pays. Ces mesures sont essentiellement fondées sur le lavage des mains, la distanciation sociale, le port de masque et le confinement.

Le confinement, mesure phare de l’arsenal de lutte contre le COVID-19, a consisté à imposer aux populations de rester à la maison, donc de ne pas sortir sans raison valable et justifiée par la nécessité de la vie. Dans les pays occidentaux, la mise en œuvre et l’observance de cette mesure, complexe et difficilement vécue par les populations, est rendue possible par l’existence réelle des structures administratives proactives et par la structuration rationnelle de l’appareil économique et productif. Il faut y ajouter également et c’est très pertinent, la prise de conscience par les populations de la « nécessité et la primauté de la santé. »

Au contrario les pays africains et la Guinée en particulier connaissent des situations inverses : absence des structures administratives fiables, économie informelle de survivance, absence de conscience sanitaire populaire, manque d’hygiène, contraintes sociales et religieuses…

Le confinement et la survie du jour au jour :

La population guinéenne vit du jour au jour. Plus concrètement et comme on le dit d’ailleurs au pays « on ne peut faire bouillir la marmite de demain que par l’argent gagné aujourd’hui ». Cette situation s’explique par un contexte de chômage de masse dans une organisation économique informelle. A part les fonctionnaires, les rares employés du secteur privé et quelques commerçants, peu de Guinéens dispose d’un « revenu temporel » fixe et constant. Ce manque d’assurance et de durabilité de ressource contraint les populations à la survie quotidienne et donc à la nécessité de sortir travailler pour faire vivre, le plus souvent des grandes familles (nous y reviendrons dans nos prochaines éditions).

Dans cette perspective, le confinement est complexe et lourd à supporter par l’immense majorité des Guinéens. L’indice d’acceptabilité et de compliance de la population s’effrite du jour au jour avec des risques graves de transmission du virus dans un contexte hygiénique problématique.

Cette grave crise sanitaire, nous avons déjà connue celle d’Ebola, engage les pouvoirs publics, les politiques et les acteurs économiques à réfléchir à une meilleure organisation de notre économie. Le pays ne peut se donner le luxe d’entretenir une vie économique informelle, dont les conséquences en termes de rentrée fiscale sont très lourdes pour l’Etat. Les conséquences et implications sanitaires en temps de crise sont tout aussi, voir encore plus dramatiques. Elles ne permettent de garantir ni l’applicabilité des mesures de santé publique ni la compliance, la praticabilité et l’observance de la population, indispensables à l’efficacité des politiques sanitaires.

London CAMARA

Directeur de Publication

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