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COVID19 et Données démographiques : l’âge, un facteur de risque ?

L’épidémie due au SARS-CoV-2, continue sa propagation dans le monde. Plus de deux millions de personnes ont été infectées par le virus au niveau international pour environ 200 000 décès.

Le bilan lourd pousse la communauté médico-scientifique internationale à mettre en place des études afin de comprendre à la fois les mécanismes biologiques du virus et les stratégies thérapeutiques nécessaires à la prise en charge de la maladie. Les recherches visent également à l’analyse des données de santé épidémiologiques et démographiques afin de mieux cerner les facteurs de risques.  

Dans ce cadre, des chercheurs Britanniques ont décrit dans Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS) l’implication des données démographiques dans la sévérité et la létalité du Coronavirus. Ils sont arrivés à la conclusion que l’âge constitue un facteur discriminant important. L’analyse des données montre par exemple qu’en Chine, le taux de mortalité rapporté était de 0,4% entre 40 et 49 ans et de 15% chez les plus de 80 ans. En Italie, la différence est encore plus significative avec un taux de mortalité de 0,7% entre 40 et 49 ans et d’environ 28% chez les plus de 80 ans avec 97% des décès affectant les 60 ans et plus.

Les données sur la mortalité et le taux de rémission enregistrés en Guinée tendent également à conforter la conclusion des chercheurs Britanniques. La Guinée ne compte que six décès depuis le début de l’épidémie et connait un taux de rémission aux alentours de 20 %. La population guinéenne est majoritaire jeune. Cependant l’ANSS, l’agence gouvernementale guinéenne en en charge de la sécurité sanitaire ne fournit aucune donnée démographique sur les personnes infectées par le virus. Ce manque de données rend complexe l’analyse statistique et les extrapolations possibles.

Ces données viennent conforter l’avis du professeur Moussa SEYDI du Sénégal en charge de la lutte contre la propagation du SARS-CoV-2 au Sénégal. Le Professeur SEYDI, dont le pays est cité en exemple, déclarait en effet dans une interview chez nos confrères de Marianne que la jeunesse de la population sénégalaise constitue un facteur protecteur. « … le troisième facteur est la jeunesse de la population… » avançait-il pour expliquer le fait que le Sénégal enregistretrès peu de cas graves et un taux de mortalité faible alors que les mesures sanitaires, notamment le confinement, sont plus souples que dans d’autres pays.

De façon plus globale, la jeunesse de la population Africaine pourrait expliquer la lenteur de la propagation du virus dans le continent et le faible taux de mortalité enregistrée malgré des conditions sanitaires et sociales précaires.

London CAMARA

Directeur de Publication

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