Actu Editorial

Guinée: la gouvernance des promesses du président Condé

Le président de la République intervient fréquemment dans le débat public. Il faut se féliciter de cette proximité voulu par l’exécutif. La communication participe en effet de la bonne gouvernance. Elle est d’autant nécessaire que la communication numérique prend de l’ampleur et remplace les canaux traditionnels d’expression, qui jusqu’à un passé récent étaient réservés à une certaine élite. La communication numérique permet aux citoyens de s’exprimer et de participer d’une certaine façon à la gouvernance. C’est ce que l’ex candidate à l’élection présidentielle du parti socialiste français Ségolène Royal avait théorisé en 2006 par la démocratie participative. Dans un cadre plus global certes. Les politiques et les pouvoir publics ont compris la nécessité de tisser avec le citoyen une proximité étroite, un échange direct et une commincation accessible.

Seulement en Guinée, le chef de l’Etat a habitué ses compatriotes à des discours quelquefois surréalistes. Le président Condé, de plus en plus porte-parole de sa propre gouvernance, s’exprime fréquemment avec des discours souvent décousus, sans contenu ni sens rationnel.  Les interventions de Monsieur Condé sont rythmées chaque fois par des promesses, très extravagantes. Tantôt il promet une tablette à chaque étudiant, tant une machine à chaque couturière, quelquefois c’est une usine de chips qui va émerger dans le Foutah profond. A Fria c’est l’usine de bauxite qui renaîtra bientôt de ses cendres volatilisées. Récemment il a annoncé vouloir sortir plus d’un million de femmes de la pauvreté sans donner aucun début d’explication sur les modalités de la mise en œuvre de cette noble promesse. Pas plus tard que quelques jours il a promis de contrôler chaque belle maison ou villa du pays afin de s’assurer de l’identité du propriétaire. Quant à Conakry, la ville est appelée à être le petit New York ouest africain. Encore et encore…

Le président promet au rythme de son vocabulaire et les guinéens, comme tous aveugles, ne voient rien venir. Le manque crédibilité de cette gouvernance par la promesse entame le poids de la parole présidentielle. Le chef de l’Etat doit se ressaisir et réfléchir pour les deux ans qui lui restent à une gouvernance crédible fondée sur moins de parole mais sur plus du concret. Le pays et le peuple manquent de tout et les promesses présidentielles totalement déconnectées de la réalité quotidienne contribuent à installer et à instaurer un climat de méfiance et de défiance à l’égard du pouvoir politique.

Le président doit vite changer de gouvernement, se représidentialiser et se focaliser sur l’utile et l’essentiel. Il a besoin des hommes et femmes forts, intègres, compétents et capables de conduire une politique fondée sur une vision dense et profonde. Le président doit comprendre que le bilan constitue le meilleur communicant et le meilleur porte-parole. Quand le travail est bien fait, il finit toujours par se faire voir et se faire entendre sans sirène ni phare. Mais sans du concret, les promesses au relent quelque peu populiste ne serviront qu’à desservir le président.

La beauté naturelle n’a pas besoin de maquillage.

La Rédaction

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