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Interview: Alpha Mamadou Diallo (AMD) : Oui, l’UFDG et le président Cellou Dalein Diallo se préparent à l’exercice du pouvoir en 2020

Nous recevons Monsieur Alpha Mamadou Diallo (AMD), cadre et militant actif de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG). Ancien militant du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG), Monsieur Diallo est aujourd’hui un des hommes de confiance de Monsieur Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG. Nous aborderons avec Monsieur Diallo, sa rupture avec le RPG et son ralliement à l’UFDG. Nous l’interrogerons également sur le projet de société (propositions et mécanisme de financement) que compte défendre son parti dans la perspective de l’élection présidentielle de 2020. Nous terminerons cette interview par la question philosophique. Nous avons demandé à notre invité de porter son jugement au choix sur :

  • Le sexe et la sexualité comme facteurs d’équilibre sociétal
  • L’innovation dans le processus historique de développement
  • L’opposition comme force de proposition dans le processus démocratique

 Laguineeka : Bonjour Monsieur Diallo. Vous avez été un militant du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) et un fervent partisan du Président Alpha Condé. Vous êtes aujourd’hui cadre militant de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) et également fervent partisan de Cellou Dalein Diallo. Vous avez même qualifié Monsieur Diallo, de père politique.  Qu’est ce qui a été le rationnel qui a motivé ce basculement et qu’est ce qui a été le point de rupture avec le RPG en général et le Président Alpha Condé en particulier ?

Alpha Mamadou Diallo : Je vous remercie de me permettre de m’exprimer sur cette question relative à mon départ du RPG et à mon ralliement à l’UFDG. C’est vrai que c’est une question qui a suscité des interrogations. Je n’avais jusqu’à présent pas eu l’opportunité de m’exprimer dans un media sur ni le rationnel ni sur les raisons de cette rupture. Ce qui m’aurait permis de replacer les faits dans leur contexte.

Pour réponde à votre question il y a eu deux faits majeurs qui ont motivé mon départ du RPG. L’un est lié à la gouvernance et l’autre à l’attaque du domicile du président en juillet 2011.

Le premier point de rupture est justement relatif à la rupture espérée quant à la gouvernance du président Alpha Condé. J’ai avec beaucoup de mes compatriotes espérés, que c’est fini les pratiques anciennes. Seulement je me suis rendu compte que cette rupture n’était que de façade. Le président Alpha Condé dirige le pays exactement comme son prédécesseur, le Général Conté. La même architecture de l’administration publique est reconduite avec les mêmes pesanteurs. Aussi la segmentation des postes à responsabilité en fonction de l’appartenance ethnique a laissé une certaine amertume. La primature à la Basse Guinée, la présidence de l’assemblée à la Guinée Forestière. Le peuple attendait une nouvelle vision dans la gouvernance fondée sur la compétence et l’intégrité.

Le président est censé rassembler et galvaniser les forces vives de la nation pour la création de la richesse nécessaire au développement et indispensable au bien-être des Guinéens. L’association d’une communauté ou d’une région à la direction d’une institution comme la primature était pour moi une ligne à ne pas franchir. L’unité nationale était déjà fragilisée par les événements survenus en Haute Guinée entre les deux tours de la présidentielle de 2010.

Je suis foncièrement contre l’ethnicisation de l’action politique. On peut débattre des ethnies cela n’est pas mauvais en soi. En effet la Guinée, comme beaucoup de pays Africains, est formée d’une mosaïque ethnique. Notre diversité doit être notre atout principal. Aucun cadre de l’Etat, aucun homme politique à plus forte raison le président de la République ne doit poser un acte tendant à favoriser un Guinéen par rapport à un autre à cause de son ethnie où sa religion. Ceci est proscrit par La constitution. La nomination, par exemple, de Said Fofana comme premier ministre parce qu’il est Soussou est un acte grave et qui trahit le serment du président de la République et une violation manifeste de notre constitution. On peut nommer Said Fofana parce qu’il est compétent mais pas parce qu’il est Soussou.

Néanmoins je me suis donné une longue période d’observation afin de voir l’évolution de la gouvernance. Cette phase d’observation m’a permis de conclure que ce président était sur la mauvaise voie et que la gouvernance ne s’améliore pas. Je me suis intérieurement dit que c’est la première trahison du président Alpha envers ses électeurs et militants que nous sommes.

Le deuxième déclic intervient en juillet 2011 au lendemain de l’attaque du domicile privé du président à Kipé. Immédiatement et sans aucun élément probant le président laisse penser dans une déclaration que cette attaque a été planifiée par une communauté ethnique.

Une chasse à l’homme est organisée à l’encontre de l’ancien vice-président de L’UFDG Bah Oury que je n’aimais pas du tout pour son extrémisme verbal à l’époque. Mais puisque je suis foncièrement contre l’injustice alors une soudaine sympathie pour Bah Oury nait en moi.

Je passe du temps dans le vide à réfléchir sur mon engagement politique qui ne trouve plus sens dans l’action du président de la République. Je décide finalement de claquer la porte.

Entre les deux tours de la présidentielle de 2010 j’étais en service au Sénégal dans la région de Kedougou. J’ai eu l’opportunité d’echanger au téléphone avec le candidat Alpha Condé. Je lui ai conseillé d’ajuster sa communication en dénonçant plutôt les faiblesses de son adversaire et de ménager l’ancien président, le Général Lansana Conté. Il apprécia mon conseil et me passera le contact du responsable RPG du Sénégal que je ne rencontrerai jamais d’ailleurs.

Laguineeka : Vous avez côtoyé, l’opposant Alpha Condé et vous côtoyez actuellement l’opposant Cellou Dalein Diallo. Quelle comparaison pouvez dégager sur ces deux personnalités du double point de vue d’homme politique et d’opposant ?
Alpha Mamadou Diallo : Les deux hommes ont des personnalités différentes. D’abord sur le plan politique les deux hommes ont un tempérament qui prédispose chacun différemment face à la notion du compromis. Le caractère rigide du président Alpha Condé fait qu’il soit très allergique au compromis. Vous remarquerez ce trait de caractère dans sa difficulté à résoudre rapidement le plus petit problème qui se pose à sa gouvernance.

Il aime imposer sa vision et sa méthode et il a de ses réactions qui frisent le délire et tendent souvent à frustrer son entourage immédiat. J’ai remarqué ses réactions quand j’étais étudiant et que nous le recevions à Kankan.

J’ai milité pour lui en background et je me suis beaucoup investi dans l’élection présidentielle de 1993 pour sa victoire à Kankan. J’étais à l’époque secrétaire politique de la sous-section du RPG de L’université de Kankan. Mamoudou Djessou Condé, Mamoudou Condé et Lasso Kourouma l’actuel Consul en Angola étaient entre autres des amis dans la sous-section.

J’ai activement participé à la répartition des étudiants militants du RPG au sein des bureaux de vote dans la préfecture de Kankan en rapport avec les responsables de la sous-section universitaire et de la section de Kankan. Vous vous souviendrez du nombre total des voix en faveur d’Alpha Condé. En tout 93 milles voix soit plus de 90% du total des votants je crois.

Je n’ai pas été assez en contact direct avec Alpha Condé à part les réceptions lors de ses visites à Kankan aux alentours des 1993 et 1994. Il ne peut pas me reconnaître aujourd’hui en tant que tel mais j’étais l’un de ses plus fervents militants à l’université à l’époque. Les amis nommés plus haut sont encore en vie et peuvent le témoigner
J’ai côtoyé davantage Cellou Dalein Diallo que Alpha Condé. Le premier est un homme de compromis et à l’écoute de son entourage. Il est très respectueux et profondément humain.

Cellou Dalein Diallo gère son parti de façon démocratique et il est au soin du plus éloigné de ses militants s’il en a l’opportunité.

Ce sens de l’écoute je crois lui prend assez de temps et le soumet à une grande pression.
Je vous raconte une anecdote. Sur instruction du directeur de Cabinet et du patron de la communication, j’ai piloté la première mouture du discours de vœux de nouvel an 2018 du président en étant au Ghana avec quelques autres amis éparpillés un peu partout dans le monde. Vous imaginez cette ouverture et cette façon de mettre en avant des jeunes dans une organisation politique guinéenne ?

Au RPG c’est totalement différent c’est la loi de la jungle. Si tu ne cries pas fort tu n’as rien.

Comme opposant les deux hommes sont différents. Derrière la rigueur affichée d’Alpha Condé se cache la fébrilité d’un homme. Il a n’a pas le courage de faire face aux problèmes. En outre, il ne connait pas bien le pays. Il est resté longtemps en dehors du pays. En dehors de sa période de prison il n’a jamais vécu plus de deux ans de suite en Guinée.

Pour apaiser le climat politique Cellou Dalein Diallo a accepté de rencontrer Alpha Condé plusieurs fois. Et le plus souvent dans des conditions qui le poussent à rompre avec la volonté de ses militants. Dites-moi Alpha combien de fois Alpha Condé a rencontré le général Conté ? Ne serait-ce que pour l’intérêt national. Alpha Condé opposant s’est toujours refusé le moindre compromis politique avec le vieux général.

Laguineeka : Justement, avec l’expérience acquise au sein du RPG, qu’elle a été ou quel est votre apport pour l’UFDG.

Alpha Mamadou Diallo : J’essaie d’être utile en apportant mon expérience de militant et responsable acquise au sein du RPG (Rassemblement du peuple de Guinée). Comme vous le savez j’ai longtemps vécu en dehors de la Guinée et vous savez comme moi que ça forge le caractère et densifie votre vision de la vie. J’ai également une riche carrière professionnelle qui m’a permis d’acquérir de l’expérience. J’ai un engagement politique fort et j’ai des idées et une vision à défendre. Nous avons la chance d’avoir un parti ou il est possible de s’exprimer. J’ai grande motivation mais mon éloignement du pays dû à mon activité professionnelle ne me permet pas d’agir autant que j’aurai voulu. Je suis actuellement membre de la cellule de communication où j’évolue derrière le rideau en attendant que je ne me libère. J’ai un accès direct au président et à tous les membres du conseil politique.

Je travaille en étroite collaboration et en bonne intelligence avec Safa Tounkara qui m’a recruté au sein du parti. Souleymane Thianguel et Alpha Boubacar sont mes deux responsables hiérarchiques au sein de la cellule de communication. Je travaille également avec Maladho Diallo, le trésorier général du parti et Kadija Diallo membre du bureau exécutif (BE) vivant aux État Unis.

Laguineeka : Vous vivez au Ghana, pays anglophone qui a acquis une expérience démocratique notable et un certain niveau de développement. Quelle analyse sociologique comparative pouvez établir entre les sociétés guinéenne et ghanéenne ?
Alpha Mamadou Diallo : Le vote au Ghana est fondamentalement ethnique au même titre que la Guinée avec une certaine différence quant à la confiance que tous les Ghanéens fondent dans leurs institutions. Le système électoral n’est pas fait pour favoriser un parti politique. Il est de loin plus transparent que le système de vote en Guinée où des magistrats, responsables de la CENI, hauts commis de L’ÉTAT ou même des agents des forces de l’ordre peuvent influencer les résultats

Comme en Guinée, au Ghana il y a deux grands blocs. Le parti d’obédience libéral NPP dominé majoritairement par l’élite ghanéenne et le NDC parti d’obédience socialiste qui se réclame de Nkrumah mais forgé tout récemment par l’ancien président Jerry Rawlings. Entre les deux grands il y des petits partis comme le CPP du milliardaire Papa Kwesi. Le NPP a pour fief principal la région d’Ashanti au centre et plus grand réservoir électoral du pays. Elle est également la région la plus riche du pays ce qui explique la densité électorale dans cette zone. Zone aurifère et agricole toutes les ethnies s’y retrouvent ce qui crée un melting pot. Peuplée des Akans la plus grande tribu du pays ils votent 95% NPP

Le NDC  a pour fief la région d’origine de Jerry Rawlings métisse  dont la maman est Èwè ethnie de la région du bassin du volta qui a donné naissance au plus grand barrage Hydroélectrique  des années 1960 construit par le leader panafricain Nkrumah. Cette région fait frontière avec le Togo.

Toutes les autres 8 régions répartissent leurs électorats entre ces deux grands partis.
Vers le nord vous avez trois régions à dominance musulmane dont deux font frontière avec le Burkina Upper East, Upper West et La région proprement appelée northern region. Ces trois votent traditionnellement NDC. Sauf que le NPP a su faire quelque percée significative lors des dernières élections dans ces régions en décrochant quelques sièges de députés.

Un peu plus en bas vous avez la région du Brong Ahafo qui couvre la région d’Ashantis qui se trouve un peu plus en bas. Elle fait toujours du 50/50 et bascule chaque 4 ans d’un camp à un autre.

La région de l’Est, dont est originaire l’actuel président, vote majoritairement NPP même si le NDC y gagne près de 20 à 30% de l’électorat à chaque élection.

La région d’Accra, la région du centre en même temps côtière et de celle de L’ouest déterminent réellement le vainqueur de chaque scrutin depuis l’instauration du multipartisme intégral. Ces régions sont ce que sont la Basse Côte et la Forêt représentent dans les élections en Guinée.

Laguineeka : L’opposition dite Républicaine, conduite par l’UFDG, est à l’origine des manifestations de rue depuis l’arrivée au pouvoir de Monsieur Alpha Condé en 2010, pour des résultats peu reluisants.  Sans vouloir remettre en cause le droit légitime de manifester, pensez-vous que la rue soit la seule stratégie à la disposition de l’opposition et quelle alternative suggéreriez-vous ?

Alpha Mamadou Diallo : Malheureusement Alpha Condé ne connaît que le langage de la force. Nous ne sommes pas encore enracinés pleinement dans la culture démocratique pour tester d’autres stratégies que la rue. Mais le parti travaille et réfléchit à d’autres moyens d’action qui vont s’inscrire dans l’action et la culture démocratique.

Justement c’est là le problème majeur de notre pays. L’opinion est en mesure de faire de la victime celle-là qui a tort et donner raison au bourreau. C’est très courant d’entendre dans la presse que les opposants ne doivent pas envoyer les enfants d’autrui à l’abattoir. C’est hallucinant comme analyse de la part d’un intellectuel.

Laguineeka :  d’ailleurs quelle lecture faites-vous des récents mouvements sociaux et politiques (grève des enseignants et manifestation politique) qui ont secoué le pays ces dernière semaines ?

Alpha Mamadou Diallo : Ma lecture est la suivante. Pour ce qui est de la crise scolaire, la situation s’est enlisée par ce que le président s’est laissé manipulé par le noyau dur constitué par Damantang Camara et Ibrahima Khalil Konaté (K2). Ils croyaient qu’ils arriveront par leurs combines habituelles à faire fléchir le mouvement des enseignants par essoufflement.

C’était sans compter sur la détermination des enseignants cette fois-ci. Vous savez il a tout fait pour disqualifier l’équipe d’Aboubacar Soumah en brandissant l’équipe d’Amadou Diallo et de Sy Savane comme ceux qui sont légitimes à négocier avec le gouvernement.

Il est possible que Damantang Camara soit remplacé à l’occasion du prochain remaniement a moins qu’Alpha Condé le garde par fidélité à son père.

Côté politique la situation risque de perdurer car mon parti n’est pas prêt à lâcher un iota de sa victoire obtenue dans les urnes.

 Laguineeka : Le chef de l’Etat a reçu récemment Monsieur Cellou Dalein Diallo, qui a annoncé dans la foulée la suspension manifestations. Quelle appréciation faites-vous de cette rencontre et sur les conclusions qui en sont issu ?

Alpha Mamadou Diallo :  J’ai été très ravi de cette rencontre qui a permis de faire taire les businessmen de la crise. Cette rencontre prouve à suffisance que le président de L’UFDG n’est pas un homme fermé au dialogue.

Une certaine opinion qui critiquait Cellou Dalein Diallo pour ses manifestations intempestives doit saisir cette énième opportunité pour dire au président Alpha Condé ça suffit respectez votre parole d’honneur vous en avez fait un serment lors de votre investiture. Faites en sorte d’évacuer le contentieux électoral, dérouler les accords politiques d’août 2016 le tout ira pour le mieux.

Cellou Dalein Diallo est un homme de paix qui en dépit des frustrations et des pertes que son camp subit n’a pas dérogé à ses principes que pour la paix, il faut d’énormes sacrifices. C’est pourquoi bravant toujours l’aile dur de son camp, il est disposé à rencontrer le chef de l’État.

 

Laguineeka : La prochaine élection présidentielle est prévue en 2020. Le président Alpha Condé termine son dernier mandat, ce qui signifie que le candidat de l’UFDG affrontera un autre candidat du RPG. Dans quel état d’esprit l’UFDG prépare cette échéance et quelle sera sa stratégie politique et électorale ?

Alpha Mamadou Diallo : Dans la politique Guinéenne on ne forge pas un grand leader politique à un an de l’élection présidentielle. Ce message, s’adresse à la mouvance présidentielle qui n’arrive toujours pas à se décider sur qui porter son choix en 2020.

Par contre l’UFDG aura des adversaires de taille en 2020. Nous en sommes conscients. Et naturellement nous les respectons. Il s’agit de Sidya Touré, de Lansana Kouyaté etc…  Observez bien la scène politique actuelle et retirez Alpha Condé sur la table et tirer vos propres conclusions en ce qui concerne le RPG arc en ciel.

Laguineeka : Récemment le président de votre parti Monsieur Cellou Dalein Diallo a affirmé être en situation de gagner la présidentielle de 2020 dès le premier tour. Quelle analyse faites-vous sur les conditions d’une victoire à une élection présidentielle et quel est votre sentiment sur cette déclamation de Monsieur Diallo.

Alpha Mamadou Diallo :  Écoutez, le président a raison. Au regard de la nouvelle carte politique de la Guinée qui confirme notre parti comme deuxième force politique loin devant la troisième, cela en dépit d’un système électoral malsain basé sur la fraude en notre défaveur. Nous avons dans ces conditions évidemment espoir de remporter une élection présidentielle dès le premier tour où le président sortant ne se représenterait plus.

Remarquez que lors des élections locales qui viennent de se terminer, L’UFDG a fait une forte percée en forêt et en Basse Côte en dépit du faible taux de participation. Nous avons maintenu notre position de leader dans la capitale.

Je vois très mal comment cette nouvelle donne électorale pourra être modifiée dans les deux ans qui nous séparent de la prochaine élection présidentielle prévue en 2020.

C’est pourquoi nous insistons sur la publication des vrais résultats sortis des urnes lors de ces locales. Parce que cette fois-ci nous avions pu sur une échelle très réduite contrôler les élections à la base et nous comptons redéployer cette nouvelle stratégie de maîtrise du processus électoral pour s’assurer que le vote sorti des urnes soit celui déclaré aux Guinéens lors des futures consultations électorales.

Nous respectons nos adversaires mais nous sommes conscients qu’ils ont tous des problèmes internes autant que nous.

La majorité présidentielle est toujours incapable de se trouver un héritier politique pouvant prendre la relève d’Alpha Condé. Et ce n’est pas en moins d’un an d’une élection aussi importante qu’on pourrait parachuter un candidat sorti de nulle part et espérer gagner les élections haut les mains. La donne change à partir du moment Alpha Condé n’est plus candidat. Le système va forcément se disloquer et nous en bénéficierons très certainement. LUFDG c’est chez tout le monde.

Oui effectivement, l’UFDG et le président Cellou Dalein Diallo se préparent à la conquête et à l’exercice du pouvoir en 2020.

Laguineeka : L’UFDG se revendique comme un parti libéral, quel sera son projet quinquennal concret (priorité, étude de faisabilité, planification, financement…) en dehors des sempiternelles promesses électorales ?

Alpha Mamadou Diallo : Nos priorité en quelques mots :

Il s’agit d’abord d’unir les Guinéens dans le souci de libérer toutes les énergies créatrices de richesses. Par ailleurs nous avons la ferme volonté de libérer la justice du dicktat de l’exécutif, de réformer l’Etat et le système éducatif, d’investir dans les infrastructures qui seront un levier de croissance. Une croissance soutenue libérera à n’en pas douter beaucoup d’emplois.

D’où viendra l’argent pour financer notre projet de société ?

1-La stabilité retrouvée engrangera la confiance des bailleurs. Nous espérons de la nouvelle stabilité un boum des investissements directs étrangers (IDE).

2- Nous avons l’intention de faire de l’agriculture une source de financement de notre économie plus qu’une simple question d’autosuffisance alimentaire. L’agriculture ne doit pas que nourrir le Guinéen mais plutôt à être le bailleur de son économie.

3- Des ressources minières bien gérées permettront de financer notre économie.

Laguineeka : Le président et probable candidat de l’UFDG à la présidentielle de 2020, Monsieur Cellou Dalein Diallo a été cadre, ministre et premier ministre de la République. Pourra-t-il mieux faire par rapport à son bilan ?

Alpha Mamadou Diallo : Le président Cellou Dalein Diallo ne connaît que la Guinée. Il n’a pas la double nationalité. Il n’a fait que travailler en Guinée.

Je demande aux Guinéens de confier le pays à Cellou Dalein Diallo pour cinq années. Ce sont les résultats qui feront juge. Car nous souhaitons être jugé sur le bilan et l’action sur l’amélioration des conditions de vie de nos compatriotes.

Laguineeka : Justement l’un des points positifs du bilan de Monsieur Diallo, régulièrement mis en avant par les responsables et militants de l’UFDG, est la construction des routes. A votre avis quelle est la place des infrastructures de transport en général dans le processus de développement d’un pays.

Alpha Mamadou Diallo : Je crois avoir répondu à cette question plus haut.

Pour nous à LUFDG les infrastructures sont le levier sur lequel l’économie s’appuie pour décoller. Sur ce point nous ne sommes pas comparables à cette gouvernance d’Alpha Condé qui fait plutôt des financements dans les infrastructures une source d’enrichissement démesurée des membres du clan. Sinon comment comprendre qu’une route de moins de 40 km entre Matoto et Coyah ne puisse pas finir en 8 ans. Vous pouvez expliquer ça vraiment ?

D’ailleurs le président l’a si bien expliqué quand il était passé s’initier au cours magistral à l’université de Sonfonia à la veille des présidentielles de 2015. Il a fait des aveux en expliquant avoir été trompé par le système établi par son clan qu’il protège d’ailleurs. C’est le SYSTÈME d’avenants aux contrats initiaux établis. Ce qui gonfle considérablement le prix initial de chaque projet d’infrastructures. Amateur qu’il est le président fut roulé dans la farine. Il n’a rien vu arriver.

Justement dans ce domaine Cellou Dalein Diallo se démarque d’Alpha Condé.
Cellou Dalein Diallo est un expert dans le montage des projets d’infrastructures. Son séjour au département des grands projets va lui servir et servir le pays en même temps.

Laguineeka : La politique guinéenne est dominée par l’identité ethnique des partis politiques. Qu’est-ce que l’UFDG propose ou proposera pour sortir le pays de cette pratique qui met en danger la stabilité du pays ?  Le Général Lansana Conté avait proposé dans les 1990, le bipartisme comme solution démocratique. Pensez-vous que dans le contexte guinéen et Africain en général le bipartisme soit une solution aux dérives ethniques ?

Alpha Mamadou Diallo : Le multipartisme ou Le bipartisme n’est pas le problème en soi. Je viens de vous dire plus haut que le Ghana pays de référence aujourd’hui en matière démocratique sur le continent exploite le vote ethnique. Qu’est ce qui est important dans un pays ? c’est l’application des lois.

Quand on a un régime qui n’applique les lois que quand ça l’arrange, comme on le constate maintenant, c’est cela le problème. Nous serons différents de ce régime simplement parce que notre président s’engagera à respecter son serment.

Laguineeka : Notre avant dernière question, porte sur un sujet un peu personnel. Vous êtes un des espoirs de votre parti. Il se dit que vous avez l’oreille de Monsieur Diallo. Certains affirment que vous êtes « ministrable ». Vous y pensez en vous rasant le matin ?

Alpha Mamadou Diallo : Pour vous dire la vérité et mes amis qui vous lisent peuvent vous le confirmer je ne me suis jamais battu pour un profit personnel. J’ai toujours fait un don de soi. Dans toute organisation sociale je m’assure que ma contribution soit au dessus de la moyenne sans demander de contre parti.

Je vais vous raconter une histoire. Ma grande sœur Idiatou qui est très soucieuse de ma réussite car elle a toujours vue en moi l’espoir de la famille s’est toujours battue pour que je décroche un poste dans l’administration publique et elle m’a toujours mis la pression en m’envoyant des propositions intéressantes. Elle me grondait dès fois. Droit de l’aîné oblige. Très jeune j’ai toujours décliné son offre car je ne me suis jamais senti prêt à travailler dans les conditions de l’administration que nous connaissons. J’ai toujours voulu le privé où l’on est soumis à la remise en question permanente.

Pour vous dire la vérité, si ça ne tenait qu’à moi, je souhaiterais être un élu du peuple à partir de 2020 quand Cellou Dalein Diallo sera au pouvoir. Sinon à part ces vœux personnels, je me sens entièrement équiper pour diriger n’importe quelle entité qui me sera confiée.

J’ai plus de 20 d’expérience derrière moi dans la haute technologie minière qu’est  le laboratoire. Avec dix ans comme premier responsable d’un poste directionnel.

Laguineeka : Nous terminons cette interview par un nouveau concept. En effet, nos invités sont appelés à plancher librement sur un sujet au choix. Le but est d’apporter une réflexion philosophique profonde sur les grands enjeux sociétaux.  Vous avez à choisir l’un des trois thèmes suivants :

  • L’opposition comme force de proposition dans le processus démocratique
  • L’innovation dans le processus historique de développement
  • Le sexe et la sexualité comme facteurs d’équilibre sociétal*

Alpha Mamadou Diallo : Je vous remercie pour cette question ouverte qui permet de se projeter plus loin. Tous les thèmes proposés sont tous très intéressant d’un point de vie philosophique et intellectuel. Mais j’ai choisi « l’opposition comme force de proposition dans le processus démocratique » qui s’inscrit mieux dans la continuité de mon interview.

L’opposition comme force de proposition, c’est le fondement même de la démocratie.

Une opposition doit être préparée à gouverner en ayant un projet préparé.

L’animation politique dans un régime démocratique se fait par le choc des idées, par l’opposition des projets. De ces confrontations de projets, le parti au pouvoir a l’opportunité d’ajuster son programme et les partis de l’opposition ont la chance de reformuler leurs propositions.

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