Politique

La résistance de Mamady Youla qui complique les choses

Un remaniement gouvernemental de grande envergure a été annoncé par le chef de l’Etat, Monsieur Alpha Condé, début mars. Depuis, le gouvernement du premier ministre Mamady Youla est toujours en place, exécutant sans doute les affaires courantes. Le président a pris un rythme de caméléon pour la formation du futur gouvernement, certainement pour bien observer afin d’être sûr de mettre le pied au bon endroit et pour brouiller les pistes au gré de l’environnement. Le chef du gouvernement, Monsieur Youla, fait de la résistance et ne semble être pressé de céder sa place. Cette résistance du premier ministre pose question, n’aurait-il pas été plus sage de démissionner avec son gouvernement quitte à être reconduit par le chef de l’Etat ?

Démission par convenance protocolaire 

Le premier ministre Mamady Youla et son gouvernement auraient dû démissionner dans la foulée de l’annonce du remaniement, ne serait-ce que par convenance protocolaire. Cette démission lui aurait permis d’acquérir une légitimité dans les tractations en vue de sa reconduction. Elle lui aurait donné par ailleurs l’image d’un homme moderne qui sait être respectueux des institutions de la République et du protocole d’Etat. Cette modernité aurait été d’autant appréciée et plébiscitée dans l’opinion que les démissions, il faut l’avouer, sont rares dans le pays. Certes, l’ancien premier ministre Saïd Fofana avait présenté sa démission mais c’était suite à la réélection de Monsieur Condé en 2015 pour un deuxième et dernier mandat.

Une résistance qui complique les choses pour le chef de l’Etat 

La « résistance » du premier ministre ne facilite pas la tache du président de la République dans la formation du futur gouvernement. La démission de Monsieur Youla et de son gouvernement aurait en effet, permis au chef de l’Etat de se concentrer sereinement au choix des futurs hommes et femmes qu’il compte appeler dans le nouveau gouvernement. En haut lieu il se murmure que « Youla ne veut pas partir », ce qui est en réalité un secret de polichinelle. Le discret premier ministre ne veut pas baisser les bras face aux nombreux prétendants à sa succession. Il manœuvre avec pugnacité pour son maintien. C’est là aussi une complication pour le chef de l’Etat. Quelle décision prendra Monsieur Condé ? Choisir un nouveau premier ministre pour les deux dernières années de son mandat ou maintenir l’actuel tout en apportant du sang neuf avec l’arrivée des nouvelles personnalités ? Tout un dilemme.

La Rédaction.

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