Actu Editorial

Le délicat ajustement des résultats de l’élection municipale

Les résultats de la dernière élection municipale sont au cœur du débat politique en Guinée. L’opposition, toute tendance confondue, après avoir dénoncé des fraudes massives qui selon elle auraient entravé le bon déroulement du scrutin, souhaite un lissage des résultats définitifs. Ce lissage en langage policé consiste en réalité à une modification des résultats définitifs déjà publiés par la commission électorale nationale indépendante (CENI).

L’opposition dite « Républicaine » (OR), conduite par l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) a fait de la modification des résultats le fer de lance de sa bataille contre le gouvernement et la majorité présidentielle. Reçu hier par le président de la République, Monsieur Alpha Condé, le président de l’UFDG et chef de file de l’opposition a laissé entendre lors du point du presse qui a suivi la rencontre, la possibilité d’un ajustement des résultats. Monsieur Diallo, qui était porteur d’un portefeuille de revendication de l’OR, a fait part de la volonté du chef de l’Etat de tenir en compte cette revendication centrale de l’opposition. Selon Monsieur Diallo, le chef de l’Etat aurait mandaté le comité de suivi du dialogue et accord politique d’examiner toutes les solutions permettant d’aboutir à une satisfaction de la principale revendication de l’opposition. Ce qui laisse entendre que le comité à l’issu de son examen suggéra, on ne sait à qui ni à quelle instance, la modification des résultats du scrutin. Le sujet est délicat et complexe. Toutes les voies légales de recours semblent avoir été épuisées ou le délai de saisine dépassé. C’est en l’occurrence ce que laisse entendre Monsieur Bah Oury, vice-président exclu de l’UFDG, en guerre ouverte contre ses anciens amis.

Il faudra de l’imagination pour trouver les stratagèmes qui permettront l’ajustement des résultats. L’autre obstacle à franchir réside dans la farouche opposition que le RPG et ses alliés vont opposer à ces ajustements. La majorité présidentielle estime conformes les résultats publiés par la CENI et ne semble pas se laisser impressionner par les revendication et manifestations de l’opposition.

C’est dans ce contexte difficile que le président de la République a refilé la patate chaude au comité de suivi. Le chef de file de l’opposition a annoncé la suspension des manifestations juste après sa rencontre avec le chef de l’Etat. Cette décision de suspendre les manifestations de rue s’explique par la volonté de l’OR de donner toute la chance à la concertation et au dialogue.

Les yeux sont rivés sur la décision à venir du comité de suivi. La réaction de deux parties (majorité et opposition) à l’issu des conclusions du comité sera scrutée avec attention.

A l’issu de ce périple municipal, l’opposition dans son ensemble doit se poser des questions pertinentes quant au rôle, voir le maintien de ses membres au sein de la CENI. La CENI actuelle est composée, en l’occurrence des représentants de la majorité et de l’opposition, de l’Etat à travers le ministère de l’intérieur et de la société civile. La vice-présidence de la CENI est assurée par Hadja Biya Diallo, membre de l’UFDG et proche de Cellou Dalein Diallo. La mauvaise gestion du processus électoral n’est pas à imputer à la seule responsabilité de l’Etat. La responsabilité de l’opposition, à travers ses représentants à la CENI est aussi engagée.

La Rédaction.

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