Actu Editorial

L’opposition: de la rue au dialogue et du dialogue à la rue !

L’opposition guinéenne vient d’annoncer son retrait du comité de suivi dans le cadre des négociations portant sur le contentieux électoral. Ce comité composé des représentants de l’Etat, de la majorité, de l’opposition (toute tendance confondue), de la société civile et de la communauté internationale, a été mandaté par le chef de l’Etat, Monsieur Alpha Condé afin de trouver une solution à même de répondre aux revendications de l’opposition dans le cadre de la crise politique relative à l’élection municipale de février dernier.

Des rencontres avec les forces politiques

Début avril, au plus fort de la crise politique, le chef de l’Etat avait consenti à rencontrer les principaux responsables politiques du pays. Le président de la République avait rencontré individuellement, Cellou Dalein Diallo, président de l’union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Sidya Touré, président de l’union des forces républicaines (UFR) et Amadou Damaro Camara, chef de file de la majorité parlementaire. Ces rencontres avaient permis d’apaiser les tensions. Monsieur Diallo de l’UFDG avait appelé ses militants au calme. Dans la même foulée il avait annoncé la suspension des manifestations de rue afin de donner toutes les chances au comité de suivi. Monsieur Touré pour sa part avait annoncé le retour de l’UFR au sein du comité de suivi du dialogue politique.

Des manifestations et des violences au comité de suivi

La publication par la commission nationale électorale indépendante (CENI) des résultats définitifs de l’élection municipale avait été vécue comme une provocation par l’opposition. L’Opposition Républicaine (OR) dénonce des fraudes massives qui auraient selon elle entaché la crédibilité du scrutin. Elle estime en outre que la CENI n’a pas pris en considération ses contestations et ce, toujours selon elle, malgré les preuves tangibles et crédibles qu’elle a apporté au soutien de ses contestations. Ainsi l’OR avait intensifié les manifestations de rue courant mars qui avaient été émaillées des violences graves. Plusieurs jeunes manifestants ont été abattus, selon l’OR, par les forces de l’ordre. C’est la gravité de ces violences qui avaient décidé le chef de l’Etat à recevoir les responsables politiques.

Le calme revenu, le comité de suivi a repris ses consultations. Après plusieurs rencontres, aucun consensus acceptable n’a été trouvé et ce malgré les conseils des experts de la communauté internationale. Il faut dire que la tâche s’annonçait déjà ardue et délicate. En effet, toutes les voies légales de contestation et recours ont été épuisées. La tournure juridique en mesure de justifier la modification des résultats définitifs déjà proclamés relève d’une délicate gymnastique intellectuelle. Et c’est sans trop de surprise que l’OR découvre l’impasse des négociations au sein du comité de suivi.

Du comité de suivi à la rue

L’OR qui a espéré, il faut le dire avec un peu de naïveté, un lissage des résultats se retrouve les mains vides après des nombreux conciliabules. Du coup, elle vient d’annoncer le retour dans la rue. Son porte-parole Monsieur Makanera s’est chargé d’annoncer la nouvelle « Aujourd’hui, ils ne veulent plus négocier et ne veulent plus la paix et non plus la quiétude dans notre pays.  Ce qui les intéresse, c’est de maintenir le blocus. C’est pourquoi nous avons décidé la reprise de nos manifestations. Parce les seuls moyens légaux dont nous disposons, sont des manifestations. Et également nous avons décidé de suspendre notre participation au comité de suivi.  Le lundi 14 mai sera une journée ville morte »

L’OR annonce ainsi la reprise des marches politiques. Sans vouloir remettre en cause ce droit, il est tout de même légitime de poser la question de l’utilité de cette stratégie. Depuis l’arrivée au pouvoir de Monsieur Condé en 2015, l’OR occupe les rues sans véritables résultats. Il est temps qu’elle réfléchit et envisage d’autres alternatives. Les mêmes causes produiront toujours les mêmes effets.

La Rédaction.

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