À la une Actu

Mohamed Diané : le Vice-président, Dauphin !

La Guinée a un nouveau gouvernement depuis 26 Mai 2018 au soir. Le nouveau premier ministre Monsieur Ibrahima Kassory Fofana (Don Kass), nommé le 21 Mai et installé dans ses prérogatives dans la foulée, peut enfin se consacrer et se concentrer sur l’essentiel : la définition, l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique économique à même de sortir le pays de sa léthargie. Mais au delà de l’aspect socio-économique, les considérations politiques semblent être des éléments d’appréciation qui permettent d’analyser les enjeux qui se jouent à deux ans et demi de la fin du dernier mandat du président Alpha Condé. L’examen approfondi de la composition du nouveau gouvernement, les attributions et le périmètre d’action des ministres, permet de mettre en perspective les forces d’influence dans la bataille de succession de Monsieur Alpha Condé.

Mohamed Diané, l’historique en pole

A première lecture, on est tenté de conclure que le RPG est le grand perdant dans la formation de cette nouvelle équipe gouvernementale. En effet, peu de caciques et d’historiques du parti ne se voient appelés à occuper les places de choix. Mais une analyse plus fine et pointue permet de mettre en évidence qu’en réalité, le RPG semble avoir réussi à assurer les arrières. En effet, l’un des historiques du parti fondé par le président Alpha Condé, est sans doute le nouvel homme fort de ce gouvernement et du pays on est tenté d’avancer. En l’occurrence, Mohamed Diané, fidèle lieutenant d’Alpha Condé « opposant » revient en force et dispose dans ce 1e gouvernement Fofana des très larges prérogatives. En plus d’avoir été reconduit à la tête du ministère de la défense, Monsieur Diané s’est vu attribué, les charges, ô combien stratégiques, des affaires présidentielles. Il cumule ainsi des responsabilités charnières dans la conduite des affaires publiques du pays. Premier directeur de cabinet du président Alpha Condé après son élection en 2010, il a n’avait hérité que du simple ministère de la défense lors des précédents remaniements.

Historique du RPG ayant subi affres et colères du régime du Général Condé, le nouveau ministre de la défense et des affaires présidentielles n’a jamais trahi l’idéologie du RPG fondée essentiellement sur la conquête et la conservation du pouvoir en Guinée. Il devient quasiment une sorte de vice-président qui aura la responsabilité de coordonnées l’élaboration et la mise en œuvre des affaires stratégiques.

Le dauphin !

Ce retour en force de cet homme de l’ombre et discret, qui s’exprime peu dans les médias, peut s’interpréter comme une mise en position de lancement dans la bataille de succession qui s’ouvre en cette fin de mandat du président Condé. Tout laisse penser que Monsieur Condé a fait son choix sur son éventuel successeur. Des velléités de révision constitutionnelle pour permettre au chef de l’Etat de briguer un troisième mandat se font de plus en évident. Mais rien ne permet de garantir le succès d’un tel projet. Au RPG la lecture est que le bilan peu flatteur du chef de l’Etat ne plaide pas en faveur du déclenchement d’un processus référendaire, nous confie une source bien autorisée. « Le bilan ne permet pas l’adhésion populaire à un tel projet » glisse notre source et d’ajouter « il faut anticiper et se préparer avec l’idée que nous devons avoir un autre candidat ».

En outre le président Alpha Condé et le RPG ne disposent pas de la majorité qualifiée au parlement (3/5e) pour une révision constitutionnelle par voie parlementaire. La majorité n’ignore pas non plus l’hostilité qu’un projet de troisième mandat soulève dans l’opinion et surtout dans la classe politique. Ce projet se heurte à une opposition systématique et catégorique des principaux partis et responsables de l’opposition, de Lansana Kouyaté du PEDN à Cellou Dalein Diallo de UFDG en passant par Sidya Touré de l’UFR.

L’analyse de tous ces éléments ont poussé le RPG « historique » de mettre la pression sur le chef de l’Etat afin d’envisager l’avenir plus sereinement. Selon nos informations, la nomination de Kassory Fofana qui a pris du temps (mars-mai) n’a été acceptée par le RPG qu’à la condition qu’un potentiel successeur soit choisi. La vice présidentialisation implicite de Monsieur Diané ressemble fort à une intronisation comme dauphin désigné à la succession.

Ce remaniement marque en fait le retour en force du RPG que nous aimons appeler à Lguineeka « historique ». Un internaute avisé, Ibrahima DS résume bien les faits sur les forums de discussion « Le RPG dur a pris le pouvoir, tant pis pour l’intérêt général du pays ».

La Rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *