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Président Alpha Condé « il est difficile de lutter contre la corruption »

Le président de la République, Monsieur Alpha Condé s’est prononcé sur la corruption qui gangrène le pays. Invité à s’exprimer lors d’un forum organisé ce 5 mai par l’association, Jeunes Acteurs pour le Changement (JAC), le chef de l’Etat a dressé un constat alarmant sur l’état et l’évolution de la corruption dans nos contrées. Le président de la République a profité pour fustiger l’action des ministres dans la gestion des projets de développement.

Corruption structurelle

Le chef l’Etat est revenu notamment sur les modalités de gestion et d’attribution des marchés publics par les ministres en Afrique. Le président Condé qui a vécu longtemps en France a fait observer que la corruption existe partout dans le monde à des degrés différents « la corruption est partout, même en Europe ». La différence entre les pays Africains et Européen réside selon Monsieur Condé sur la nature, de la corruption. La corruption est conjoncturelle en Europe alors qu’elle est structurelle en Afrique a fait observer le locataire de Sekhoutoureyah.

Le chef de l’Etat relève un point critique dans le fonctionnement de l’administration guinéenne ou la corruption et le détournement des biens publics ont été institutionalisés en mode de gestion. L’impact de la mauvaise gestion des biens publics se fait sentir sur la mise en œuvre et l’entretien des infrastructures, le fonctionnement des structures publiques et parapubliques. L’impact et les conséquences désastreuses de ces dysfonctionnements sont malheureusement ressentis plus lourdement par les citoyens et les usagers du service public.

Commissions et rétrocommissions

Le chef de l’Etat a profité de la présence d’un parterre des jeunes directeurs administratifs et financiers pour dénoncer le manque de patriotisme dans la gestion et l’attribution des marchés publics. Pour illustrer son propos le chef de l’Etat a pris un exemple relatif à l’attribution d’un contrat de marché public pour la construction d’une infrastructure routière « un ministre qui signe un contrat, qu’est-ce qu’il fait ? Vous, vous proposez 10 milliards pour construire la route, un autre présente un projet à 20 milliards. Donc plus cher. Celui qui lui propose de faire la route à 10 milliards va lui dire moi je te donne 100 millions et l’autre qui présente un projet à 20 milliards va lui proposer 500 millions de commission. Il attribuera le marché à celui qui a proposé les 20 milliards simplement pour gagner 500 millions ».

Le président de la République a conclu par un message qui sonne comme un aveu d’impuissance « Voilà pourquoi j’ai toujours dit que la corruption en Afrique est difficile à combattre, parce que celui qui signe est prêt à faire perdre des milliards à son pays, uniquement pour gagner 100 millions ou 200 millions de plus ».

Il ressort effectivement de l’intervention du chef de l’Etat le manque de patriotisme et d’intégrité des cadres en charge de la gestion des affaire publiques. Le manque de sanction participe à l’instauration d’un sentiment d’impunité qui conforte les cadres et autres fonctionnaires dans l’idée qu’ils peuvent s’autoriser tout. Une stricte application de la loi doit permettre une prise de conscience. La mise en place des mécanismes de contrôle ciblant à la fois les exécutants (agents publics, fonctionnaires, ministres…) et les procédures (attribution des marchés publics, des concessions…) permettra de réduire le niveau de corruption et de détournement des biens publics.

La Rédaction

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