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Sénégal : une Démocratie en régression ?

Le modèle guinéen du « Un coup KO » a fait tache d’huile. Il a même débordé au-delà de nos frontières. Nos voisins Sénégalais semblent avoir bien appris la leçon. En effet, Macky Sall, le président sortant, vient d’envoyer ses adversaires au tapis par un violent uppercut. Il a fallu un seul et unique round à Monsieur Sall pour mettre KO ses adversaires, qui restent conscients mais sonnés. Les Sénégalais étaient appelés aux urnes ce dimanche 24 février pour une l’élection présidentielle controversée.

L’essorage !

           Un Sall, chasse un autre :

Les mauvaises langues diront que Monsieur Macky Sall, le candidat sortant avait déjà fait le tri. En effet, ses adversaires les plus redoutables n’ont pas réussi à avoir le green light pour concourir à la fonction présidentielle. L’ancien maire de Dakar Kalifa Sall est en taule depuis quelques années, pour corruption, où il égrène les briques des murs de la prison en attendant le temps qui passe. Sa candidature a été retoquée par le Conseil Constitutionnel au motif qu’il fait l’objet d’une condamnation qui lui prive ses droits civiques. Malgré tous ses recours, qui auraient pu laisser penser que sa condamnation n’est pas définitive comme l’ont argué ses avocats, Monsieur Sall a été mis à la touche. Devant l’impossibilité de faire valoir sa candidature, l’ancien maire de Dakar a fait allégeance à Idrissa Seck à qui il a apporté son soutien.

              De la prison au Qatar mais pas à la présidence !

Karim Wade le fils de son père, a quant à lui, bénéficié très récemment d’une grâce présidentielle et expédié en quasi asile au Qatar. En prison depuis 2013 pour corruption et enrichissement illicite, Monsieur Wade a été libéré en juin 2016. Absent du pays depuis, le Parti Démocratique du Sénégal (PDS) a tout de même misé sur lui pour défendre ses couleurs. Malgré une forte mobilisation de ses militants et partisans, la candidature du fils de l’ancien président a subi le même sort que celle de l’ancien maire de Dakar.

Wade fils s’est vu offrir le luxe d’une vie d’exilé au Qatar mais pas le droit de concourir à la fonction présidentielle.

Au nom du père et du fils !

Le sang d’Abdoulaye Wade n’a fait qu’un tour lorsqu’il a appris la mise à l’écart de son fils Karim pour la course à la présidence de la République. Rentré au pays avec la ferme intention de saboter l’élection présidentielle, Abdoulaye Wade a dû se résoudre à diluer son vin. Son discours jugé radical n’a pas trouvé son public. Après une entrevue avec le président guinéen Alpha Condé à Conakry, l’ancien président qui appelait à brûler les bulletins de vote a calmé le jeu. A Conakry, il se dit que la médiation du président Condé, théoricien du « Un Coup KO », a permis de tempérer la colère de Gorgui. Cependant, l’ancien président ne désarme pas et espère un renversement de la situation. Celui qui rêve de voir son fils à la présidence de la république ne semble pas avoir jeter les armes. Mais en vieux routier de la politique il sait que le chemin de la présidence peut être long et est semé d’embuche.

Des candidats au choix !

Les deux candidats les plus redoutables écartés, le président Sall n’a eu à se frotter qu’à des poids légers. Seul Idrissa Seck, pouvait se targuer en situation de troubler le sommeil du candidat sortant Macky Sall. D’ailleurs, les résultats provisoires publiés ce jour le place, deuxième à 20% loin derrière Macky Sall donné gagnant à 58%. Les autres candidats n’étaient que des seconds couteaux de la politique sénégalaise même si le jeune Ousmane Sonko a été la révélation de la campagne électorale.

 Un coup KO difficile à vendre !

Le président Macky Sall vient de se faire réélire dès le premier tour avec un score sans appel de 58%. Cette réélection pose question dans un pays qui semblait atteindre un degré élevé de maturité politique. Plusieurs observateurs estiment qu’un deuxième tour était inéluctable. Il est difficile de concevoir une victoire dès le premier tour avec un score si élevé dans un pays comme le Sénégal.

Ces mêmes observateurs rappellent d’ailleurs que les alternances successibles ces dernières années au Sénégal ont eu lieu à la suite des deuxièmes tours. Le candidat et opposant Abdoulaye Wade à la tête de la coalition Sopi n’a réussi à battre Abdou Diouf que lors d’un deuxième tour. Macky Sall lui-même est arrivé au pouvoir en battant Abdoulaye Wade, au deuxième tour. Ces constations amènent à penser que Macky Sall, a anticipé par un coup KO la malédiction du deuxième tour.

Même si les observateurs internationaux ne signalent pas d’anomalies notables, ce coup KO porte un coup dur à la démocratie sénégalaise !

Il faut noter d’ailleurs que l’ensemble des candidats battus rejettent en bloc les résultats provisoires et affirment ne pas vouloir se pourvoir en appel auprès de la Conseil Constitutionnel.

La Rédaction de www.laguineeka.com

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