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Alpha Condé « 75% des enseignants ne savent pas trouver des fautes dans une dictée de CE2 »

Le système éducatif guinéen est malade, ça on le savait depuis belle lurette. Ce que l’on ignorait c’est que ce système n’a ni la capacité ni les compétences qui lui permettent d’assurer correctement ma mission principale : la transmission d’un minimum de socle de connaissances à nos enfants. Le chef de l’Etat, Monsieur Alpha Condé lui-même s’est chargé de l’annoncer. C’était lors de la cérémonie de clôture de l’évènement Conakry, capitale mondiale du livre. Le président s’est prononcé en ces termes « il faut avoir le courage de dire au peuple que son école est malade, que son école est malade, que son école est malade ». Un triptyque refariné, histoire d’appuyer fort là où ça fait mal.

Des tests d’évaluation en dictée aux résultats catastrophiques :

Le chef de l’Etat toujours dans sa lancée s’est laissé aller à des confidences qui jusqu’à présent étaient restées dans les secrets des Dieux. Il a admis en effet, que l’Etat a organisé en 2012 un test d’évaluation des enseignants en dictée. Ce test concernait des dictées pour des classes de CE2.

Pour mieux appréhender les résultats de ce test, fournis par le président de la République nous tenons à apporter la précisons sur les différents cycles de l’enseignement primaire. L’école élémentaire est divisée en cycles : le cycle 2, (cycle des apprentissages fondamentaux) qui comprend le CP, le CE1 et le CE2 et le cycle 3 (cycle de consolidation) avec le CM1, le CM2 et la classe de sixième. Le test réalisé en 2012 concerne des enseignants en CE2 ce qui correspondrait à la 3e année du primaire dans la nomenclature guinéenne.

Voici les résultats donnés par le chef de l’Etat en intégralité « Je vous dévoile quelque chose, monsieur le premier ministre, c’est choquant mais c’est la vérité. En 2012, nous avons fait un test de dictée de CE2. Sur 750 enseignants, nous avons mis vingt fautes. Je dis bien CE2. C’est-à-dire, pas CM1, CM2. Sur 750 enseignants de l’éducation nationale, 75% n’ont pas pu trouver les fautes. Sur les 75%, 25% également ont ajouté des fautes ». Et Monsieur Condé de s’interroger sur la transmission du savoir à nos enfants « Alors, comment voulez-vous enseigner des gens en vue de leur permettre d’avoir le certificat d’étude, quand vous n’êtes pas capables, vous-mêmes, de corriger les dictées de CE2 » avant de conclure par cet aveu de culpabilité « Il est temps que le peuple de Guinée connaisse la réalité sur son enseignement ». 

 Des réformes indispensables :

Oui en effet, il était temps Monsieur le président de la République. Notre système éducatif vous appelle à la rescousse. Il faut sans attendre engager un profond mouvement de transformation et de mutation fondées sur la formation et la qualification des enseignants et la mise en œuvre des infrastructures capables d’absorber le nombre très important d’enfant en déshérence. Ces reformes doivent aussi s’appuyer sur une vision pédagogique nouvelle. L’enseignant et l’enseignement guinéens doivent s’adapter et s’ouvrir aux nouvelles possibilités.

Le chef de l’Etat a raison lorsqu’il évoque l’école numérique « Heureusement, les nouvelles technologies de l’information avec E-écoles vont nous permettre de passer cette étape momentanément car, avec la nouvelle technologie et l’E-école, nos jeunes pourront suivre des cours, qui sont donnés à Paris, à Ankara, à Pékin, à Washington etc… Donc, cela leur permettra de dépasser, momentanément, la carences des enseignants incapables, qui n’ont pas le niveau, qui ne font que la pagaille ».

Mais avant, nous avons besoin d’une RESSOURCE HUMAINE bien formée et dotée de moyens matériels à la hauteur des enjeux.

La Rédaction

 

 

 

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