Actu Editorial

Le repositionnement de l’UFR ?

Dans le cadre des consultations engagées avec les forces politiques du pays, le chef de l’Etat Monsieur Alpha Condé a reçu le 4 avril dernier le président de l’Union des Forces Républicaines (UFR), Monsieur Sidya Touré. Le président du parti libéral a été le deuxième responsable politique à être reçu à Sekhoutoureyah. En effet, le chef de l’Etat avait auparavant reçu, le chef de file de l’opposition, Monsieur Cellou Dalein Diallo.

Le patron de l’UFR a annoncé, après sa rencontre avec le président de la République, que son parti allait réintégrer le comité de suivi des accords politiques. L’UFR avait quitté ce comité lors des tractations entre majorité et opposition relative à la réforme du code électoral. L’UFR avait, à l’époque, exprimé son désaccord sur le point portant sur le mode d’élection des conseils de quartier et de district. Ce point d’accord entre majorité et opposition stipule que ces conseils sont élus en fonction des résultats enregistrés par les partis dans les quartiers et districts lors de l’élection municipale.

Le retour annoncé de l’URF dans le comité de suivi pourrait être interprété comme un début de repositionnement dans le paysage politique guinéen. L’UFR s’est en effet rapprochée de la majorité présidentielle après l’élection présidentielle de 2015. Le parti dispose de quelques ministres dans le gouvernement Youla. Le ministère de la l’élevage par exemple est occupé par Mohamed Tall, qui n’est autre que l’ancien directeur de cabinet de Monsieur Touré. Monsieur Touré lui-même est toujours, en tout cas officiellement, Haut représentant du président de la République. Tout récemment, le secrétaire exécutif de l’UFR, Baïdy Aribot a été nommé par le président Alpha Condé, vice-gouverneur de la banque centrale.

Cependant, des points de friction sont apparus depuis quelques mois entre les deux partenaires. Comme mentionné plus haut, la modification du code électoral n’a pas été du gout de l’UFR. Les responsables du parti ont dénoncé « la mauvaise préparation » de la dernière consultation municipale. Le parti récuse également, tout comme les partis membres de l’opposition Républicaine, les résultats issus de cette consultation. Des voix se font entendre à l’intérieur du parti ces derniers temps pour exiger une clarification des relations entre l’UFR et la majorité.

Le retour de l’UFR au sein du comité de suivi des accords politiques marque un début de prise de distance. Monsieur Sidya Touré a exprimé la volonté de son parti de défendre ses résultats. Le président de l’UFR a dénoncé des graves fraudes ayant selon lui entaché la crédibilité du scrutin.

La perspective de l’élection présidentielle de 2020 pousse l’UFR a marqué son autonomie et sa liberté d’action. Monsieur Touré sait que dans la logique de mobilisation des militants il faudrait afficher une certaine fermeté face à la majorité présidentielle. Certains jeunes du parti avaient d’ailleurs entamé des mouvements de contestation après la publication par la CENI des résultats de l’élection municipale. Les jeunes du parti semblent vouloir une clarification. C’est dans ces conditions que Monsieur Touré a annoncé des mutations et des reformes afin de se projeter dans la préparation de la bataille présidentielle de 2020.

Si le divorce n’est pas consommé entre l’UFR et la majorité présidentielle, une certaine prise de distance se dessine. L’avenir proche nous dira quelle orientation l’UFR et Monsieur Touré souhaitent donner à leur engagement avec la majorité. Mais il est logique de penser que la relation sera repensée et précisée.

La rédaction

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