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L’offensive médiatique de Kassory Fofana : une opération de préparation mentale ?

Le ministre d’Etat en charge de l’investissement et des partenariats public-privé (PPP) a lancé depuis quelques jours une campagne offensive de communication. Monsieur Fofana, que certains disent, pressenti pour remplacer Mamady Youla à la primature s’est montré très pugnace dans les médias ces derniers jours. Le président Alpha Condé a annoncé un vaste remaniement gouvernemental. Depuis mi-mars les Guinéens attendent chaque jour le décret du président de la République annonçant la nomination des nouveaux membres du gouvernement. L’offensive de Monsieur Fofana, s’inscrit ainsi dans ce contexte d’incertitude relatif à l’architecture de la future équipe gouvernementale. Le chef de l’Etat reste discret sur ses intentions et mène toujours des consultations en cercle restreint afin d’éviter les fuites. Le président de la République a en effet, promis d’écouter « la majorité silencieuse » afin de former un gouvernement qui prendra en considération les inquiétudes des uns et des autres et qui sera a même de répondre « aux préoccupations des populations qui souffrent ».

Comment interpréter la sortie de Monsieur Fofana, poids lourd de la majorité, ce d’autant qu’il n’a pas caché ses intentions. Le ministre en charge de PPP a en l’occurrence annoncé « C’est vrai, je suis en discussion avec lui (le président de la république. NDLR) sur la possibilité de prendre le poste (la primature. NDLR). Je ne suis pas le seul, il est en train de consulter d’autres. Vous serez au courant de sa décision ». Il s’est même permis de se fixer des objectifs avec certitude dans l’action qu’il compte imprimer s’il est nommé « je vous garantis, si je prenais la primature, le Président Alpha Condé délivrerait son objectif de 10% de croissance avant la fin de son mandat. Les gens ont peur de mon avènement éventuel à la primature parce que la lutte contre la corruption pourrait être l’un des actes principaux de mon action gouvernementale ». Il affiche nettement ses ambitions, ce qui laisserait pensé qu’il a pris une longueur d’avance sur ses concurrents. C’est en effet, la lecture qu’on pourrait faire des sorties médiatiques qui restent inédites. Il est rare qu’un pressenti à une telle responsabilité annonce lui-même dans les médias être en négociation avec le chef de l’Etat. Il est cependant fréquent que des fuites dans la presse soient organisées de façon officieuses mais un rarement un prétendant à la primature annonce lui-même sa « probable » nomination.

La question qui se pose est celle de savoir si Monsieur Fofana a planifié seul ou en concertation avec le chef de l’Etat cette très offensive campagne médiatique. L’autre question que l’on peut se poser est celle de savoir si cette campagne ne vise pas à préparer les esprits sur l’arrivée certaine de Monsieur Fofana à la primature ? Cette question est pertinente puis qu’en effet, Monsieur Fofana jouit d’une image ternie par des soupçons de corruption. Nous ne rentrerons pas sur ce débat et sur ces accusations pour et sur les lesquelles nous ne disposons d’aucun élément de preuve. Mais nous ne pouvons ignorer que l’image de Monsieur Fofana et celle de beaucoup d’anciens ministres et premiers ministres de ce pays restent associée à la corruption et à l’enrichissement personnel. Recemment Monsieur Sidya Touré, président de l’Union des Forces Républiques (UFR), lui-même ancien premier ministre, a annoncé qu’il y a « beaucoup de docteurs Mougnetii (voleur, en langue Soussous) » qui entourent le président de la République. Il avait à l’occasion demander le chef de l’Etat « de faire le ménage ».

Les populations attendent le décret de nomination du futur gouvernement avec impatience. La nomination de Monsieur Fofana par le chef de l’Etat, viendrait confirmer l’hypothèse de la préparation mentale de l’opinion publique. Il faut d’ailleurs noter que les soutiens et adversaires de Monsieur Fofana ne manquent de s’affronter sur les réseaux sociaux. Les uns vantant les mérites d’un homme dévoué à son pays et les autres fustigeant son bilan.

La Rédaction.

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