Actu Editorial

Nouveau gouvernement : des consultations dans la discrétion

Le 8 mars dernier à l’occasion de la journée internationale de la femme, le chef de l’Etat Monsieur Alpha Condé annonçait la formation d’un nouveau gouvernement. Le président de la République déclarait en soutien à cette volonté « Après ces différentes rencontres, nous allons former un gouvernement qui sera responsable et qui va être à l’écoute du peuple, pour savoir ce que le peuple veut pour pouvoir informer correctement le président ». Et depuis rien. Silence radio. Aucune info ne filtre malgré l’annonce par certains médias de la démission du premier ministre Youla avec son gouvernement. Démission rapidement infirmée par Kiridi Bangoura de la présidence de la République.

Les spéculations vont bon train sur la formation de ce nouveau gouvernement censé être « à l’écoute du peuple ». Alors comment expliquer ce train sénatorial emprunté par le locataire de Sekhoutoureyah dans la formation de ce nouveau gouvernement. La réponse se trouve dans la volonté du président Alpha Condé de « faire le bon choix » avance une source qui a eu l’honnêteté de nous avouer ne pas en savoir davantage. Le chef de l’Etat reçoit beaucoup et écoute attentivement. Il semble avoir pris la mesure des fausses routes et autres mauvaises bifurcations prises depuis son arrivée au pouvoir en 2010. Il a, par ailleurs, pris conscience de la colère populaire qui monte dans le pays lorsqu’il a essuyé des sifflets lors des festivités de la fête des femmes. La manifestation des femmes de Kaloum devant le palais avec un slogan comme « Alpha Zéro » est aussi révélatrice de la grogne de la majorité silencieuse. Celle qui souffre dans l’indifférence du gouvernement et de l’Etat. Le président qui est à deux ans de la fin de son deuxième et dernier mandat estime que cette fois il faut choisir des Hommes capables, qui soient à la hauteur des espérances. Ce qui, il faut l’avouer, n’est pas chose aisée dans un pays où la classe intellectuelle et dirigeante a perdu toute valeur et référence morales, civiques et patriotiques.

Par ailleurs, il se murmure que le président à compris que les Guinéens n’attendent pas un premier ministre choisi seulement sur la base de son appartenance géographique et ethnique. En l’occurrence Basse Côtier et Soussou. Les Guinéens attendent principalement un premier ministre intègre et compétent. Ce qui, là aussi revient à chercher une aiguille dans une botte de foin tant la médiocrité, la faiblesse morale et, osons le mot, « spirituelle » ont métastasé dans la classe dite intellectuelle. Et d’ailleurs, le chef de l’Etat avait compris dès l’aube de son premier mandat la difficulté de redresser, comme il l’avait dit lors de sa première prestation de serment en décembre 2010, « un pays sans Etat ».

Malgré ce constat lucide Monsieur Alpha Condé a commis l’erreur de penser que le redressement et la reforme de l’administration passent par des nominations, dont le critère fondamental ne s’est jamais incarné dans l’intégrité et la compétence. Le pays avait besoin d’une refondation profonde du système administratif, axée sur le droit, les normes et les procédures.

C’est d’après nos sources toutes ces raisons qui expliquent la lenteur prise dans la formation du nouveau gouvernement. Le président semble-t-il n’a pas l’intention de se faire dicter des noms pour ce nouveau gouvernement. Il veut être le seul maitre à bord. Pour ce faire le chef de l’Etat a opté pour la discrétion. Seules quelques proches collaborateurs sont dans les confidences du président. « Ceux qui prétendent connaitre des choses sont dans des supputations » nous glisse notre source. La seule chose connue avec certitude est celle donnée par le chef de l’Etat : il y aura bel et bien un nouveau gouvernement. Mais le timing et la composition restent dans les secrets des Dieux et sont bien enfouis dans les méandres de Sekhoutoureyah.

La Rédaction

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